La Fontaine en boîte

… ou comment entretenir la flamme en temps de confinement

Passée une certaine hébétude, les artistes et les acteurs se sont creusé la tête. Car le virus a mis un coup d’arrêt aux quelques 50 ateliers de pratique artistique prévus entre mars et mai, à Trappes et La Verrière, avec les élèves, les stagiaires, les apprenants et les familles… et réduit à néant une mise en commun des restitutions prévue fin mai. Alors comment maintenir le lien avec les jeunes et les moins jeunes, initiés depuis septembre aux joies et tourments de la Fable ?

La Fontaine ne connaissait ni la vidéo ni les réseaux sociaux. Heureusement pour nous en cette période repliée, le numérique, pigeon voyageur, offre la possibilité de partager et de transmettre les idées. A l’Ecole de la 2e chance, choix a été fait par le formateur de français d’axer la formation à distance sur les fables, en collaboration avec Olivier Berhault, notre comédien/metteur en scène. Les stagiaires sont invités à composer ensemble une fable, filmés par leurs bons soins. Résultat dans quelques jours… et bravo aux formateurs qui se mettent en quatre pour rester en contact ! Cécile Roussat et Julien Lubek, qui mènent depuis octobre des ateliers dans deux classes de 4e du collège Philippe de Champaigne, ont lancé eux aussi un défi aux élèves, en réalisant une vidéo pleine d’humour et d’exercices de théâtre à faire chez soi. Gageons que les esprits créatifs se jetteront à l’eau de notre bon fabuliste…

D’ici aux retrouvailles, espérées en septembre autour d’une soirée des relais au Centre de musique baroque de Versailles, quelques vidéos réalisées par Arnaud Marzorati (chant), Iffra Dia (danse) et Olivier Berhault (théâtre) d’après la matière apportée par les participants du projet.

La Fontaine en confinement

Stagiaire à l’Ecole de la 2e chance, Loredana a été touchée comme d’autres par la force des fables. Au moyen du théâtre, de la danse, de la musique et de l’écriture, l’équipe artistique de La Fontaine en scènes et les formateurs de l’E2C ont créé l’intérêt et suscité l’enthousiasme au fil des ateliers, depuis le mois de décembre. Mais c’est par l’écriture et le dessin, loisirs adaptés au confinement ! que la jeune femme a choisi de s’exprimer, soutenue par Emmanuel Fernandes, son formateur de français. Devinerez-vous la fable évoquée, avec la liberté prise par notre stagiaire-artiste dans son superbe dessin ?

Le module « La Fontaine en scènes » je le trouvais très intéressant, comme j’adore l’art, c’était un vrai plaisir de travailler sur ce sujet. Ce module m’a donné la chance et la liberté de créer ma première fable et pour cela je suis très reconnaissante parce que c’était une super expérience.Je crois que c’est important d’essayer plusieurs des choses pour savoir qu’est-ce qu’on aime vraiment. Et grâce à ce module créatif, j’ai retrouvé ma vieille passion pour l’écriture. Cette fable, c’était, pour moi-même, une vraie inspiration qui a bien mis en évidence, comme une réflexion, le comportement réel dans notre société. L’un des thèmes abordés est l’amitié, bien décrite par « Les voilà bons amis avant que d’arriver », c’est-à-dire, par rapport à la vraie vie, comment les amitiés se nouent très rapidement. Grâce à la morale de cette fable, on comprend qu’on doit faire attention au type de personne qu’on choisit pour les appeler « amis », parce qu’elles peuvent nous faire du mal, par ignorance. Enfin, mon opinion est en accord avec la morale du texte, « Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; / Mieux vaudrait un sage ennemi. » Loredana Costantinescu.

L’Ecole de la 2e chance à l’heure des fables

Théâtre, musique, danse, écriture. Pendant trois jours, les stagiaires de l’E2C ont plongé dans un bain de fables et d’émotions.  La quarantaine de jeunes en formation en ce début décembre a multiplié les expériences, au cours d’un stage artistique visant à renouveler le regard sur la littérature et le spectacle.

Les fables se prêtent à de nombreuses interprétations, voire transgressions, pour le plaisir des jeunes, des formateurs et des artistes engagés dans cette « folie baroque ». Accompagné d’un musicien jouant vielle à roue, cornemuse et flûte, Arnaud Marzorati encourage les jeunes à montrer leur « belle voix » et leur partage son goût pour la chanson traditionnelle, qu’on dansait en groupe à la campagne. Louis est conquis par la vielle : à l’aise, il tourne la manivelle et fait danser ses copains. A la méfiance, aux ricanements que peuvent d’abord susciter les fables et leurs animaux chez certains, succèdent l’enthousiasme, la créativité et la fraternité. Envolée la timidité !! Au terme du stage, les jeunes regrettent que ce soit déjà fini. Pour Iffra, Boris, Matthieu, Massomba, Olivier, Pierre, Arnaud et Christophe, les artistes, il y a déjà matière à créer un spectacle… Suite au prochain numéro donc.